En recevant au Canada un prix pour la liberté d’expression, Matoub relie son engagement amazigh au combat universel contre l’intolérance, l’exclusion et le fanatisme.
Mes amis,
Je tiens d’abord à remercier le S.C.I.J. pour tout ce qu’il entreprend pour réunir et non pour diviser. Je remercie aussi les journalistes qui ont œuvré pour que j’obtienne ce prix de la liberté d’expression.
Mon engagement pour la liberté d’expression et contre l’intolérance remonte à la fin des années 1970. Tout au long des années 1980, nous étions des femmes et des hommes engagés pour la reconnaissance de la dimension berbère de l’Algérie.
Le combat a commencé par le droit, pour un enfant kabyle, de parler et d’apprendre sa langue maternelle ; par le droit, pour tout Algérien, de connaître son histoire et ses origines riches et diverses. Berbérophone, arabophone ou francophone, l’Algérie officielle a privé ses enfants d’une part de leur personnalité.
Nous sommes aujourd’hui engagés dans un combat tout aussi décisif. Les atrocités ne doivent pas nous aveugler : il s’agit toujours de défendre la liberté d’expression et la démocratie contre l’inquisition, le fanatisme et l’exclusion, à commencer par celle des femmes.
Toutes les souffrances algériennes sont miennes. Si demain la lumière renaît, ce sera l’œuvre de tous les Algériens réunis contre le mensonge et les divisions entretenues.
Ces journalistes, ces femmes, ces enfants, ces artistes et ces écrivains sont l’honneur de l’Algérie. Grâce à ce prix, leur combat contre l’intégrisme reçoit une nécessaire reconnaissance internationale.
Ce prix n’est pas pour moi, mais pour eux, à jamais.
Lounès Matoub
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